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COLLECTIONS

Les Mémoires

Page manuscrite des Mémoires de BerliozMémoires, chapitre LIV
Hector Berlioz
Manuscrit autographe
Coll. Musée Hector-Berlioz


Peu après la mort de son père en 1848, Berlioz commence à rédiger ses Mémoires ; il lui faudra près de vingt ans pour achever et parfaire son manuscrit.
Confiant la diffusion de ses Mémoires à Liszt, le compositeur lui envoie une première version dès 1855. Ayant renoncé à ce projet, il écrit à la princesse Sayn-Wittgenstein le 20 mars 1865, « J'imprime mes Mémoires, que j'ai un peu augmentées depuis que vous les avez lues et beaucoup retouchées». Cette édition étant vouée à être diffusée auprès du grand public après sa disparition, il en envoie tout de même quelques exemplaires à ses plus proches amis dont Estelle, son « hamadryade des vertes collines de Meylan ».

La quasi totalité du chapitre LIV est conservée au musée. Ces feuillets manuscrits relatent la genèse de La Damnation de Faust. Pour écrire le livret de sa « légende dramatique » et composer les principaux thèmes musicaux , Berlioz met à profit chaque instant de son voyage en Silésie : « Je l'écrivais quand je pouvais et où je pouvais, en voiture, en chemin de fer, sur les bateaux à vapeurs (...) Le vieil hiver a fait place au printemps est écrit dans une auberge de Passau, la Scène des bords de l'Elbe, l'air de Méphistophélès Voici des roses et le Ballet des Sylphes à Vienne ». Il y compose également en une nuit la « Marche sur le thème Hongrois de Rakóczi ». De même, « à Pesth, à la lueur du bec de gaz d'une boutique, un soir que je m'étais égaré dans la ville, j'ai écrit le refrain en chœur de la Ronde des Paysans ».

On note toutefois des différences notables entres les pages manuscrites et la version imprimée en 1865 qui constitue l'édition originale de 1870.
Ainsi, Berlioz écrit dans son manuscrit : « J'essayai donc tout en roulant dans ma vieille chaise de poste allemande à mettre en vers destinés à la musique différents passages de la traduction en prose de l'illustre poème allemand. Que Goethe me pardonne ce sacrilège ! ». Il simplifie considérablement ce passage dans sa version définitive en écrivant seulement « J'essayai donc tout en roulant dans ma vieille chaise de poste allemande, de faire des vers destinés à ma musique ». De même, il supprime une mention à propos de sa légende de Faust dont l'interprétation demeure quelque peu sibylline : « cause unique on le verra plus tard de ma campagne de Russie ». Est-ce une allusion à l'échec que rencontre sa Damnation en France ou plus simplement évoque-t-il là son voyage en Russie où cette œuvre rencontra un franc succès ?

Découvrez d'avantage l'oeuvre musicale et l'oeuvre littéraire du compositeur sur le site www.hberlioz.com