
Fantin-Latour interprète Berlioz
Exposition du 9 juillet au 31 décembre 2011
Partez à la découverte des œuvres d'Hector Berlioz à travers le regard du peintre Henri Fantin-Latour !
Si la réputation de cet artiste est due en premier lieu à ses fameuses natures mortes pleines de « vérité » ou ses portraits collectifs aux harmonies sombres comme l'Hommage à Delacroix, Fantin-Latour (1836-1904) n'en demeure pas moins le « peintre des musiciens », comme le nommèrent ses biographes et ses contemporains.
En 1888, Adolphe Jullien, musicologue et critique musical au Journal des Débats mais aussi ami intime du peintre, publie une première biographie monumentale dédiée au compositeur romantique disparu près de vingt ans auparavant : Hector Berlioz, sa vie et ses œuvres. Cet ouvrage est illustré de « quatorze lithographies originales » réalisées par Henri Fantin-Latour. Les deux hommes, qui avaient déjà publié peu de temps auparavant un ouvrage consacré à Richard Wagner, poursuivent leur fructueuse collaboration éditoriale. Depuis plusieurs années déjà, Fantin-Latour, tout en révélant sa passion pour la musique contemporaine, avait été séduit par l'œuvre de Berlioz. Dès 1875, il assiste à Paris aux opéras du maître qui lui ouvrent un nouveau champ d'inspiration. Il crée alors une première lithographie intitulée L'Anniversaire et envoie l'année suivante au Salon une toile du même titre. Il composera pendant des décennies de nombreuses variations inspirées par la musique d'Hector Berlioz jusqu'à la publication du Livre d'or du Centenaire d'Hector Berlioz en 1903. Cet « Hommage à Berlioz » largement manifesté après celui à Wagner et à Schumann est révélateur de cette fin de siècle où artistes et hommes de lettres n'ont de cesse de célébrer le culte des héros.
Victoria Dubourg, épouse de l'artiste mais aussi peintre et pianiste, partagea avec lui sa prédilection pour Hector Berlioz ; elle eut à cœur après le décès de son époux de confier à certains musées la production de Fantin-Latour et légua au Musée Hector-Berlioz trois huiles sur toile ainsi que des dessins préparatoires. Grâce aux collections du musée ainsi qu'à de nouvelles acquisitions, l'exposition réunit pour la première fois environ quatre-vingts œuvres (lithographies, dessins et études, huiles sur toile...) de Fantin-Latour consacrées aux compositions d'Hector Berlioz. En outre, elle présente, de façon exceptionnelle dans la maison natale du musicien, le célèbre tableau L'Anniversaire prêté par le Musée de Grenoble. Entre réalisme et symbolisme, toutes ces « fééries » révèlent les émotions que ressentit l'artiste à l'écoute de cette musique moderne.
D'une version à l'autre, le parcours de l'exposition éclaire les différentes œuvres du compositeur (La Symphonie fantastique, Harold en Italie, Les Troyens, Sara la baigneuse, Roméo et Juliette...) traduites en images tandis qu'un audioguide permet l'écoute de l'œuvre qui fut source d'inspiration. Entre arts visuels et univers sonore, une exposition à voir et à entendre !

Berlioz en Russie
Exposition temporaire de l'année 2010
Quelles motivations poussèrent Hector Berlioz et bon nombre d'artistes européens, à entreprendre ce long voyage jusqu'au cœur de la Russie du XIXe siècle ? Était-ce l'effervescence artistique et intellectuelle qui y régnait ? Était-ce aussi la dure condition des artistes en France ? L'exposition Berlioz en Russie s'intéresse à cette période difficile mais fertile de la vie d'Hector Berlioz et à l'influence qu'il exerça auprès de jeunes compositeurs russes libérés du régime autoritaire imposé par Nicolas Ier.
« Si l'empereur de Russie me veut, je me vends à lui ». En 1846, découragé par l'échec à Paris de La Damnation de Faust, Berlioz part à Saint-Pétersbourg dans l'espoir de renouer avec le succès... et de redresser ses finances. Le triomphe qu'il rencontre en Russie l'encouragera à accepter, vingt ans plus tard en 1867, l'invitation de la grande duchesse Hélène, tante du tsar Alexandre II - pour diriger une série de concerts à Saint-Pétersbourg et à Moscou. Entre honneurs de la cour impériale et admiration de ses pairs, le compositeur est entraîné dans un enivrant tourbillon musical.
Berlioz rencontre alors Glinka et la nouvelle génération de musiciens russes, fédérés par la Société musicale fondée par les frères Rubinstein. Il côtoie également le Groupe des Cinq composé de Mili Balakirev, Nikolaï Rimski-Korsakov, Alexandre Borodine, Modest Moussorgski et César Cui. Tous sont séduits par la musique à programme initiée par Berlioz - notamment la Symphonie fantastique - et voient en elle un modèle dont ils s'inspireront, comme le fera peu après Piotr Ilitch Tchaïkovski.
Pour accompagner Berlioz dans son voyage, le musée présente des collections inédites : correspondances, manuscrits, coupes en porcelaine offertes par la grande duchesse Hélène... et des lithographies et ouvrages prêtés par la Bibliothèque municipale de Grenoble et la bibliothèque de l'École normale supérieure de Lyon.
Ce parcours est aussi musical, rythmé de séquences et d'extraits du spectacle d'Alain Carré et François-René Duchâble Le voyage d'hiver ; il se termine dans l'auditorium par quelques oeuvres de compositeurs russes.

Jongkind, "Des Pays-Bas au Dauphiné"
Exposition temporaire de l'année 2009
Virtuose de l'aquarelle, Jongkind sillonne la Hollande et la France pour restituer sur papier et sur toile son approche sensorielle du paysage. Son oeuvre évoque magistralement les paysages hollandais aux immenses ciels bleus, le littoral de la côte normande les jours ensoleillés ou au clair de lune, des vues d'un Paris en pleine mutation et les scènes rurales d'une campagne dauphinoise plus paisible. De la Hollande natale au Dauphiné où Jongkind vient vivre ses dernières années, l'exposition décrit le parcours d'une vie tumultueuse et appréhende la richesse et la complexité de son oeuvre.
Plus d'une centaine de ses créations, peintures majeures, huiles et esquisses préparatoires, croquis spontanés au crayon et à l'aquarelle rapide d'un coloris subtile, retracent sa carrière à partir de 1849. L'exposition célèbre tout particulièrement la dernière période de l'artiste, vécue en Dauphiné de 1873 à 1891. Les paysages contrastés des sommets alpins blanchis par les névés et des plaines fleuries autour de La Côte-Saint-André, côtoient ses dernières oeuvres reprenant les thèmes tant illustrés autrefois, preuve de son attachement pour les paysages de sa jeunesse.
Cette présentation réunit de façon exceptionnelle des oeuvres maîtresses et des dessins dévoilés pour la première fois au public, provenant des Musées d'Orsay et Carnavalet à Paris, du Musée Malraux au Havre, du Musée Eugène Boudin à Honfleur, des Musées des Beaux-Arts de Reims et de Lyon, du Musée de Grenoble et du Musée Faure d'Aix-Les-Bains, ainsi que des collections privées.

Divas. Les interprètes de Berlioz
Exposition temporaire de l'année 2008
Alors que l'on fêtait en 2007 les 30 ans de la disparition de La Callas, la cantatrice Cécilia Bartoli ressuscite cette année celle qui incarnait la diva romantique par excellence : la Malibran. Le Musée Hector-Berlioz saisit ces opportunités pour proposer une nouvelle exposition évoquant les cantatrices qui créèrent les rôles féminins de Berlioz puis celles qui, jusqu'à nos jours, interprètent le répertoire du compositeur.
"... Elle va au delà de l'idéal. [...] Chant, passion, beauté, elle a tout : rage contenue, violence sublime, la menace et les pleurs, l'amour et la colère... Entendre Grisi chanter [...] est un des plus grands plaisirs qu'on puisse rêver : l'œil, l'oreille et l'âme sont également satisfaits ; le peintre, le musicien et le poète trouvent chacun l'idéal de leur art."
Th. Gautier, Les Beautés de l'Opéra
De Cassandre à Didon dans Les Troyens, de Marguerite dans La Damnation de Faust à Béatrice dans Béatrice et Bénédict ou Teresa dans Benvenuto Cellini, toutes furent les figures féminines rêvées du compositeur et les premières «idoles» de l'histoire de la musique. Mais qui sont, à côté des musiciens et des instrumentistes, ces divas, créatures «sublimes», dont le corps est l'instrument ?
De Pauline Viardot (sœur de la Malibran) à Maria Callas, de La Melba à Susan Graham, en passant par Ninon Vallin ou Régine Crespin, celles qui succédèrent aux castrats grâce à la pureté de leur voix donnèrent naissance à un culte de la personnalité et à un mythe qui inspira tous les artistes, soulevant les passions les plus enflammées auprès des célébrités et du grand public. Adulées par les uns, fascinant les autres par leur virtuosité et leurs prouesses vocales - ou leur physique de charme... -, ces héroïnes dont l'heure de gloire se situe à la période romantique avant de renaître après la deuxième guerre mondiale, furent les déesses du chant et les reines de la scène, bien avant les stars du show business.
Aux côtés de documents originaux et de partitions dédicacées du musicien, l'exposition rassemble de superbes portraits de chanteuses d'opéra qui ont marqué les XIXe et XXe siècles, appartenant aux collections du musée ou provenant du Musée-Bibliothèque de l'Opéra et de la Bibliothèque nationale de France. Le Centre National du Costume de Scène nouvellement installé à Moulins prête de façon exceptionnelle la robe créée pour Régine Crespin dans le rôle de Didon (Les Troyens) à l'Opéra de Paris, caractéristique de l'esthétique de scène des années 1970.
L'auditorium du musée se prête à l'écoute d'enregistrements historiques et à la projection d'opéras filmés pour redécouvrir des artistes lyriques dont la personnalité a envoûté les foules. En contrepoint, une collaboration avec Le Magasin, offre au public une sélection d'œuvres vidéographiques contemporaines sur le thème de la voix féminine.
EN AVANT LA MUSIQUE ! Fanfares, harmonies et orphéons
Exposition temporaire de l'année 2007
Soulevant la ferveur populaire, la fanfare véhiculait l'image d'un bonheur retrouvé. Joueurs de tambours et de cuivres défilaient dans les rues hissant haut leur bannière et entraînant les foules dans leur sillage les jours de fête. L'exposition rend hommage à ces orphéonistes, souvent issus de milieux modestes, fiers d'être musiciens et paradant dans leur uniforme.
Au lendemain des révolutions de 1830 et de 1848, quelques philanthropes souhaitent faire sortir la musique des salons et des salles de concert pour la faire exécuter par le peuple. Ils veulent transformer la France en « nation musicienne ». Des chœurs d'hommes appelés «orphéons» puis de nombreuses sociétés de musiciens amateurs sont créés et se multiplient. Tout en jouant la grande musique, fanfares et harmonies vont conquérir de nouveaux auditeurs et diffuser à travers les villes et les campagnes l'idéal républicain. Exclusivement réservées aux hommes, elles empruntent aux musiques militaires l'uniforme, la discipline et les défilés. « Echo des Alpes », « Fanfare des Enfants de l'Industrie », « Harmonie de Grenoble » ou « Enfants de l'Isère », elles affichent sur leur bannière leur identité et leur attachement au territoire.
Le kiosque à musique, que l'on érige sur les places des villes à partir des années 1850, devient le lieu de prédilection de ces « musiciens du dimanche » qui font résonner le répertoire symphonique et d'opéra. Fête de la Sainte-Cécile, 14 juillet, célébrations officielles, cavalcades ou fêtes patronales..., la musique est dans la rue.
En outre, la facture des instruments à vent se perfectionne au cours du XIXe siècle grâce à des inventions majeures, comme les clés et les pistons. Les instruments sonnent plus juste et certains sont conçus pour jouer en marchant ; d'une sonorité puissante, les orchestres s'approprient ces nouveaux cuivres. Arrangements et transcriptions d'œuvres du répertoire classique prolifèrent et le développement de l'édition des partitions favorise encore la pratique musicale amateur. Dès la fin du siècle, les fanfares font office de premières écoles de musique gratuites à destination de la classe ouvrière. Mais au-delà d'une mission festive et pédagogique, la musique amateur joue un rôle social des plus importants ; nombre de fanfares et d'harmonies fondent leurs propres caisses mutuelles de retraite et affichent une solidarité exemplaire envers leurs membres et leur famille.
Bannières et costumes, instruments de musique et portraits photographiques inédits jalonnent le circuit de cette exposition dédiée aux orphéonistes, qui ont su faire partager leur passion pour la musique et ont assuré une véritable mission de démocratisation culturelle.
Damnation ! Berlioz et l'Allemagne
Exposition temporaire de l'année 2006
Dès le début du XIXe siècle, l'oeuvre de Goethe enflamme l'imagination des romantiques et Nerval publie sa traduction de Faust. Profondément marqué par l'ouvrage, Hector Berlioz s'en inspire dès 1829 en composant : Huit scènes de Faust. Vingt ans plus tard, toujours habité par l'univers du poète allemand, il crée, au cours d'un de ses voyages en Allemagne son oeuvre magistrale : La Damnation de Faust, qui rencontrera un triomphe auprès du public étranger. De 1842 à 1867, le musicien voyageur réalise de multiples tournées, du duché de Bade à celui de Saxe-Weimar, de la Prusse à la Silésie et dirige plus de 60 concerts enthousiasmant le public. Il passe plus de deux ans dans le monde germanique, où il vit un véritable "enivrement musical".
L'attention des souverains et la sympathie de ses confrères comblent toutes les attentes de Berlioz. Attiré par ces contrées où sont nés ses maîtres - Gluck et Beethoven -, ses affinités avec la musique allemande sont renouvelées par de solides amitiés avec Liszt, Schumann et Mendelssohn. C'est Liszt d'ailleurs, ordonnateur des manifestations musicales de Weimar et considérant le compositeur français comme un précurseur, qui organise plusieurs "semaines Berlioz", lui permettant ainsi de donner des concerts et de jouer Benvenuto Cellini. Pendant plus de dix ans, il est l'invité de marque du Festival de Bade, où ses oeuvres sont dirigées par les plus grands maîtres : "J'ai soif de musique, je vais m'y baigner, je vais en boire par tous les pores" écrit-il alors.
Répondant régulièrement à l'invitation des cours européennes, Hector Berlioz rencontre un succès qui ne cesse de s'affirmer. Fervents admirateurs de sa musique, tous lui décernent des titres honorifiques ; précieux documents conservés par le musée Hector-Berlioz et pour la plupart inédits. Carnets de voyage, présents reçus, portraits de ses contemporains et partitions originales ..., tous les objets présentés ici témoignent de la véritable reconnaissance européenne acquise par le compositeur grâce à ses "excursions musicales".
Chef d'orchestre
Exposition temporaire de l'année 2005
Au XIXe siècle, conscients de la complexité croissante des orchestrations et du déploiement des masses instrumentales, certains compositeurs entreprennent de définir le véritable rôle du chef, jusqu'alors simple « batteur de mesure ». Hector Berlioz, en publiant en 1844 le Grand Traité d'orchestration et d'instrumentation modernes, suivi en 1855 d'un opuscule sur L'art du chef d'orchestre, révolutionne la direction d'orchestre en lui réservant une place prépondérante dans la parfaite exécution des œuvres musicales. L'exposition lève le voile sur un art qui s'est développé à partir des années 1830 à l'initiative de Wagner, Mendelssohn, Schumann et bien sûr de Berlioz ; elle propose de découvrir la direction d'orchestre telle qu'elle est envisagée aujourd'hui.
Partitions, manuscrits, baguettes et bâtons de chef appartenant au Musée, estampes du XIXe siècle, dessins illustrant les plus grands maîtres du XXe siècle provenant du Musée Mainssieux à Voiron, sont présentés dans l'exposition. Enfin, dans l'auditorium, est projeté le concert créé par David Robertson et l'Orchestre national de Lyon pour l'édition 2003 du Festival Berlioz de La Côte-Saint-André, autour du Grand Traité d'orchestration et d'instrumentation modernes.
Berlioz et Hugo. Fantasmes d'Orient
Exposition temporaire de l'année 2004
Peu après leur parution en 1829, Hector Berlioz est littéralement séduit par la lecture des Orientales de Victor Hugo. Il compose alors une première mélodie. Et c'est en Italie, lors de son séjour à la Villa Médicis qu'il met en musique La Captive, autre poème des Orientales. De retour en France, Berlioz rencontre à plusieurs reprises l'écrivain ; dès lors naît une profonde amitié et une admiration réciproque entre les deux hommes, qui perdurera jusqu'à l'exil de Victor Hugo.
L'exposition rassemble un patrimoine exceptionnel : portraits de Berlioz et Hugo, correspondance, partitions originales et manuscrits appartenant au musée ou provenant de la Bibliothèque de Grenoble et de la Bibliothèque Nationale de France. Des tableaux et des estampes prêtées notamment par le Musée d'Orsay viennent ici illustrer la vague orientaliste qui envahit la littérature, la musique et la peinture au début de XIXe siècle. Compromis entre fiction et réalité, ce mouvement donne lieu à des représentations d'un Orient sorti des Mille et Une Nuits : fontaines et bains turcs, scènes de harems feutrés, femmes mystérieuses et ... offertes.